Égypte: neuf exécutions pour avoir attaqué un poste de police en 2013

 

 

Les autorités égyptiennes ont exécuté lundi neuf personnes qui ont été reconnues coupables lors de leur procès pour avoir participé à l’attaque de 2013 contre un poste de police dans la banlieue sud du Caire, a indiqué une source judiciaire.

Les exécutions par pendaison ont eu lieu dans la prison de Wadi al-Natrou, dans la partie nord-ouest de la capitale égyptienne, selon la même source.

Les exécutions appartenaient à un groupe d’une vingtaine de personnes qui avaient été condamnées – certaines par contumace – à la fin de leur peine en 2018 pour le meurtre de 13 policiers dans les incidents violents qui ont éclaté le 14 août 2013 au Caire, après Les forces de sécurité ont dispersé deux sit-in de protestation, partisans de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi. Des centaines de manifestants ont alors été tués.

Une foule en colère a ensuite pris d’assaut un poste de police à Kerdasa, une banlieue sud du Caire considérée comme un bastion islamiste.

La source judiciaire n’a pas précisé le sort des 11 condamnés restants en 2018.
Selon les organisations de défense des droits de l’homme, dans les épisodes étendus du 14 août 2013, « l’un des plus grands massacres de masse de manifestants en une seule journée dans l’histoire moderne » a été commis.

« Les exécutions (…) sont une démonstration horrible du mépris des autorités égyptiennes pour leur droit à la vie et leurs obligations en vertu du droit international », a déclaré Amnesty International dans un communiqué de presse publié hier.

Les exécutions en Égypte sont souvent critiquées par les ONG de défense des droits de l’homme. Selon Amnesty, les autorités égyptiennes ont exécuté au moins 107 personnes en 2020, soit trois fois la moyenne annuelle.

Selon Human Rights Watch (HRW), à l’époque d’Abdel Fattah al-Sissi à la présidence, depuis son élection en 2014, l’Égypte est devenue l’un des 10 pays au monde où la peine de mort est la plus répandue.

Le mois dernier, 11 détenus criminels ordinaires ont été exécutés après avoir été reconnus coupables de meurtre.
La charia est la principale source du droit égyptien, en vertu de la Constitution de 2014. Elle justifie le recours à la peine de mort.

Après que l’armée égyptienne ait renversé Mohamed Morsi en 2013 et qu’Abdel Fattah al-Sissi ait pris le pouvoir l’année suivante, une vague de répression impitoyable s’est déchaînée dans le pays contre tous les dissidents – islamistes, libéraux, gauchistes – sans discrimination.

Les personnes exécutées dans le pays arabe le plus peuplé sont à la fois des prisonniers de droit pénal commun et des dissidents souvent accusés par les autorités du Caire d’actes de «terrorisme».

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